26/01/2005
Lettre ouverte à un ami de 12 ans
"Passées les immenses joies du début de nos retrouvailles inespérées, j'ai vite commencé à me demander si il n'aurait pas mieux valu finalement ne jamais se revoir. Vivre sur des souvenirs et conserver l'image que j'avais de toi, plutôt que découvrir ta vraie nature.
Bien sûr, les gens changent. Pas toujours en mieux. Tu es de ceux qui changent en mal.
Après pas loin de 10 ans sans se voir, nous n'avons rien à nous dire. Que des banalités, des lieux communs. Déception. J'ai finalement plus de plaisir à retrouver d'autres personnes connues sur les bancs de la même école que toi. Incroyable.
Il faut dire que nos vies n'ont rien en commun. Je suis marié et j'ai des enfants.
Toi, à 33 ans, tu vis encore chez tes parents et tu es loin d'être près de partir. Pire, tu idéalises le grand amour comme si tu étais une midinette. Incompréhensible.
A nos âges, on ne cherche plus l'amour dans des soirées d'anniversaires. Ce genre de chose est bon à 15 ans. Pourtant, tu t'obstines. Tu cours les soirées dans tout le 16ème arrondissement. Les soirées pour célibataires de la capitale n'ont plus de secrets pour toi. Tout ça sans résultat. Sans succès.
Cesse un peu de vivre dans le souvenir d'amour sans avenirs. Pose-toi enfin les vraies questions, les bonnes questions. Remets-toi en question, pour changer.
Ton humour a disparu. Ou alors j'avais imaginé que tu en avais. Tes vannes sont lourdes, inoffensives, et ne font rire que toi. Clown triste. Ton comique de répétition est éculé et ne blesse personne, surtout pas moi.
Mais, plus que tout, ceui m'insupporte le plus chez toi, c'est ton avarice, ta radinerie.
Quand on sort entre amis, qu'on mange et qu'on boit ensemble, il ne faut pas faire la tronche quand arrive l'addition. Et il ne faut pas la disséquer non plus. Même si on est entre nous. C'est encore pire.
Hier, j'ai bien vu ta gorge se serrer quand tu as tendu ta Visa Premier flambant neuve au serveur. Tout ça pour 37 malheureux euros. Dois-je te rappeler que tu es nourrit-logé-blanchit ? Que tout ton salaire n'est pour toi que de l'argent de poche ?
Beauf parmi les beaufs, tu ne trouveras malheureusement jamais l'amour avec des arguments aussi lourds que les tiens. Parler de Cartier ne fait rêver qu'une minorité de filles, toutes superficielles et intéressées.
10 ans après nous être perdus de vue, nous n'avons décidément plus rien à nous dire. J'en suis très déçu.
Mais c'est logique. Nos vies sont tellement différentes. Tu constates toi-même que nos discussions tournent toujours autour des mêmes sujets. A qui la faute ?
Ton égoïsme me tue. Ta superficialité me dégoûte. Ton discours me hérisse.
A t'entendre, tu es le seul de nous à travailler, sans même avoir le temps d'envoyer un mail...
Vis ma vie pendant 3 petits jours. Tu te rendras vite compte que ta vie est tranquille et douce."
17:43 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note







Commentaires
J ai vécu la même chose avec une fille qui était ma meilleure amie.....J ai eu si mal!!Sa générosité,envolée, remplacée par la mesquinerie,jalouse des autres filles.....Je me croyais en plein cauchemar,à un point tel que je me suis enfui en courant,trop malade....
Bisous sucrés à Tulipe.
Ecrit par : ESTELLE | 26/01/2005
Hey !
Là par contre tu es dur !
Je ne sais pas si ce que tu dis est vrai, s'il n'y a pas une part d'interprétation (la gorge qui se noue ...?).
Qu'apres 10 on n'ait plus rien à se dire avec un ami, c'est fréquent je l'ai encore expérimenté la semaine dernière.
Que les gens évoluent dans des sens différents c'est indéniable et ça fait mal quand on s'en aperçoit.
Mais que ça provoque une telle violence verbale, c'est un peu trop.
D'autant que tu en arrives à juger non pas ses seuls défauts mais également son mode de vie.
Il y a plus d'un mec ou d'une nana qui a 33 ans vivent une vie de patachon, les Tanguy sont monnaie courante (je n'en fais pas partie).
Il y a un monde en dehors du couple et des enfants !
Ecrit par : finger | 26/01/2005
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