02/03/2005
3 mois
Il y a trois mois aujourd'hui, je me préparais à rejoindre mes parents chez eux.
Au début, je devais juste aider ma mère à habiller mon père pour sa consultation en oncologie à l'hôpital...Finalement, je suis resté et elle a été rassurée quand je lui ai dit que je restais pour les accompagner à la consultation.
Aujourd'hui, avec tout ce qui s'est passé, je me dis que je m'en serais voulu si je n'étais pas resté avec eux. Je ne pouvais pas les laisser seuls. Je ne pouvais pas la laisser affronter ça toute seule. Elle n'aurait pas tenu.
Bien sûr, arriver avec mon père dans cet état, voir les regards de toute la salle d'attente, un simple couloir, se figer à notre passage et les conversations cesser est un souvenir horrible.
Etions-nous trop optimistes, trop aveugles ou trop naïfs pour ne pas voir qu'il était déjà beaucoup trop tard ?
Retrospectivement, je ne regrette pas d'avoir été là quand le docteur a annoncé son pronostic. Quel genre de fils serais-je si je regrettais ma présence ?
J'étais là pour lui. J'étais là pour ma mère. J'étais là pour nous. Je n'ai fait que mon devoir. Beaucoup plus courageusement que je ne pensais le faire. Pendant l'organisation des obsèques, je me suis encore etonné par mon courage et ma résistance. Je voulais juste qu'il puisse être fier de moi.
Demain, cela fera déjà trois mois qu'il est mort dans cette sinistre unité de soins paliatifs. Paliatifs à quoi ?
Demain, j'irai au cimetière. Irrémédiablement attiré par cette tombe. C'est inexplicable. Je ne peux pas m'en passer.
Aujourd'hui, trois mois après tout ça, l'absence et le manque commencent à vraiment se faire sentir. Pourtant, il faut vivre avec. ou plutôt sans. Sans lui.
La fin a été tellement rapide que certains choses m'avaient échappé.
Aujourd'hui, des détails et des tas de choses me reviennent. Des mots, des discussions, des sons, des échanges de regards. Tout ça restera pour toujours dans ma mémoire.
Lui est bien sûr dans mon coeur. Il est avec moi, et dans moi. Dans ma tête et dans mon coeur.
Mon père est là, autour. Je ne le sens pas (encore). Mais je le sais. Et c'et bien là le principal.
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Commentaires
Souvent nous nous posons la question de l'éternité? Mythe, Réalité? L'éternité est réelle. Elle est celle du coeur. Nous la gardons en nous toute notre vie et nous la transmettons à nos proches pour qu'elle perdure aprés nous. Cette eternité n'est pas donnée à tous. Elle n'est que pour ceux qui ont su parler ou vivre avec leur coeur. Ce que tu écris sur ton papa en est la démonstration flagrande.
Ecrit par : Lionel | 02/03/2005
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